LES PIERRES PRECIEUSES : LUXUEUSES, MYTHIQUES ET SYMBOLIQUES

Les pierres précieuses ont toujours exercé leur fascination sur les hommes, comme en témoignent leurs usages et leurs exploitations mentionnés dans les textes et dessins les plus anciens… Jugée comme talisman, médicament, insigne de fonction, symbole de puissance, ou simple parure, chaque pierre possédait un pouvoir, qui continue aujourd’hui à nous faire rêver.
Nous vous invitons à découvrir aujourd’hui  les mystères de ces pierres précieuses qui ornent les plus beaux bijoux. Porteurs de symboles et surtout incarnation absolue du luxe, ces joyaux sont éternels.

Un matériau à forte valeur symbolique

Aussi loin qu’on peut remonter dans l’Histoire et même dans la Préhistoire, l’Homme a remarqué que certaines pierres se distinguaient des autres par leur aspect insolite, couleur, brillance, éclat, chatoiement particulier. Et depuis les temps immémoriaux, les hommes avides de superstitions, ont donné aux éléments naturels et notamment aux pierres précieuses des symboliques particulières. Très tôt, elles ont joué le rôle de talisman et on leur a même attribué des vertus curatives ou protectrices. Elles ont été aussi les emblèmes des mois, des planètes ou encore des signes du Zodiaque.
Un langage et un code se sont donc développés autour de ces minéraux brillants qui attirèrent tant les convoitises. Les premiers à les faire parler furent les Grecs et les Romains qui associèrent leurs divinités aux puissances telluriques. Au Moyen-âge, on associait les pierres précieuses à la religion : les vertus divines, les anges, et même les héros du Nouveau et les saints de l’Ancien Testament ont leurs correspondances minérales.
Les années passant et le mercantilisme aidant, les pierres sont passées du domaine du spirituel à la sphère temporelle. La convoitise universelle en a fait tout naturellement le symbole de la richesse et de la puissance, et leur a même conféré parfois une valeur d’échange très supérieure à celle de l’or pour certaines d’entre elles. Thésaurisées au même titre que l’or, elles font partie des trésors des rois, des nobles et des riches bourgeois.

Un club très fermé et une hiérarchie codifiée

Pour entrer dans le club très fermé des pierres précieuses, un minéral doit posséder les qualités suivantes :
- La beauté qui fascine l’œil de l’observateur soit par une couleur profonde, un éclat particulier, un effet optique spécial, chatoyance, iridescence, opalescence…
- L’inaltérabilité, qui grâce à la résistance aux frottements mécaniques et à une insensibilité aux agents chimiques en garantit la durabilité et la pérennité dans le temps.
- La rareté qui lui confère la qualité d’objet convoité, donc coûteux, et en fait un symbole de richesse et de puissance.
Quant à la valeur, elle répond à des codes tout aussi sévères. Le prix d’une pierre est déterminé par ce que l’on appelle les quatre C, en anglais : “carat, clarity, colour & cut”, autrement dit le poids, la pureté, la couleur et la taille. Par ailleurs, les nuances de tons sont très recherchées, quasiment autant que la pierre la plus pure.
La convoitise humaine est telle qu’il s’établit immanquablement une hiérarchie entre les pierres précieuses basée sur leur prix. Au sommet de cette échelle brillent le diamant, le rubis, le saphir et l’émeraude.
Moins cotés, nous trouvons de nombreux minéraux qualifiés de pierres fines, parmi lesquelles figurent les grenats, le spinelle, l’aigue-marine, la topaze, la tourmaline, l’améthyste et bien d’autres encore dont certaines peuvent d’ailleurs atteindre des prix élevés.
Il n’y a pas une frontière précise qui délimite le domaine des pierres précieuses de celles qui en sont exclues. En effet, la notion de beauté est fondée sur des jugements subjectifs et il n’est pas possible de fixer arbitrairement des valeurs limites de propriétés physiques qui permettraient de tracer une telle frontière.
Il y a encore de nombreux autres minéraux qui, bien que n’étant pas susceptibles d’être facettés, sont tout de même esthétiquement intéressants sous forme de cabochons ou d’objets polis. On leur réserve alors le nom de pierres ornementales : pierre de lune, turquoise, jais, opale…

Le diamant : la pierre d’éternité

Les grecs croyaient que les diamants étaient les poussières d’étoiles tombées sur la terre. Certains ont même dit qu’ils étaient les « larmes des dieux ». Plus récemment, pour Marilyn Monroe, les diamants sont «les meilleurs amis des femmes» et pour Shirley Bassey, « les diamants sont éternels ». Ces deux chansons populaires modernes représentent la fascination que cette pierre a toujours exercée sur les humains.
Du grec adamas qui signifierait indomptable, le diamant a toujours symbolisé la puissance et la pureté de l’amour. On associe aujourd’hui cette gemme à la richesse, la prospérité, le statut social, mais également la foudre, la magie, la guérison, la protection et le poison ont été évoqués dans d’autres temps avec d’autres cultures.
Pierre précieuse la plus vendue en France, son extrême beauté vient de sa brillance exceptionnelle car il possède une capacité des plus élevée de réfraction de la lumière. Ces vertus font des diamants, les pierres les plus précieuses et célèbres de la joaillerie.
Minéral transparent ou translucide composé de carbone, le diamant est la gemme la plus dure et possède les propriétés physiques les plus élevées. Il est classé en 8 couleurs : 6 niveaux de blanc (de blanc exceptionnel à blanc nuancé), légèrement teinté et teinté.
Un seul détail vient cependant entacher la réputation du diamant : la découverte en 1793 de sa composition – le carbone pur – par Antoine Lavoisier. Cette découverte a marqué le début de l’épopée de sa synthèse. Cependant, il a fallu attendre le milieu du XX° siècle pour qu’enfin des chimistes  réussissent à le fabriquer. Dès lors, le diamant est devenu un matériau industriel dont la production annuelle atteint aujourd’hui plus de 400 millions de carats, soit 80 tonnes.

Le rubis, la pierre des rois !

En effet, la plus précieuse et la plus rare des pierres – après le diamant – a naturellement séduit les hommes les plus puissants. Du latin rubeus, qui signifie rouge, le rubis est la plus chère des pierres précieuses en raison de sa rareté. Dans le monde minéral, la couleur rouge est en effet la plus rare. On dit du rubis qu’il est « la plus précieuse des douze pierres que Dieu créa ».
Symbole de victoire, d’amour, de bonheur et de passion, le rubis a longtemps été réservé aux hommes de pouvoir : rois, sultans et autres maharadjahs.
De la famille des corindons, la couleur est le premier critère de valeur du rubis. La couleur la plus appréciée est un rouge vif appelé “rouge sang de pigeon”. Après la couleur, les autres facteurs affectant la valeur d’un rubis sont la grosseur, la pureté et la taille. La pureté est un facteur très important : plus un rubis est transparent et sans défaut, plus il est précieux. Le rubis est généralement taillé de façon ovale pour une meilleure transparence. Les rubis ont aussi une place célèbre dans la science – les premiers lasers ont été faits de cristaux de rubis artificiels.

Symbole de fidélité, le saphir est la pierre aux mille couleurs par excellence…

De l’hébreu sappir, qui signifie belle chose, le saphir est la pierre symbole de sincérité et fidélité. C’est pour cette raison qu’elle orne souvent les bagues de fiançailles.
Sans précision, quand l’on parle de saphir, on pense au bleu saphir, qui peut varier du bleu pâle au bleu-roi. En règle générale, plus le saphir est clair et de couleur vive, plus il est précieux. Mais il existe beaucoup d’autres couleurs, dépendant de la composition chimique de la pierre : saphirs jaunes, oranges, verts, etc… Originaires du Sri Lanka, de Thaïlande, d’Australie, et du Cambodge, les plus beaux saphirs bleus sont produits dans les mines du Cachemire indien.
Le saphir est souvent taillé en forme de coussin (une sorte de rectangle arrondi) ou en forme ovale. Plus rarement en cabochon, une forme qui permet pourtant de mettre en avant les particularités optiques de la pierre.

L’émeraude, comme un fragile espoir

Émeraude vient du persan cœur de pierre. Son vert intense, qui rappelle les couleurs de la nature, en fait un symbole d’amour, d’espoir, de renaissance ou de jeunesse éternelle. En Égypte, les défunts portaient d’ailleurs souvent une émeraude autour du cou. La mythologie antique, quant à elle, attribue l’émeraude à Vénus, la déesse de l’amour.
Plus sensible et plus difficile à tailler que ses consœurs, ce sont là les critères primordiaux de la valeur de l’émeraude. Appartenant à la famille des béryls, sa couleur verte est due à la présence de chrome. Et c’est cette même couleur qui va directement définir la valeur de la pierre : plus le vert est vif et intense, plus l’émeraude est précieuse. L’émeraude est une des pierres les plus difficiles à tailler à cause de ces nombreuses inclusions. Elle est le plus souvent taillée de façon octogonale, avec quatre angles coupés pour la rendre moins sensible en cas de choc.
Les émeraudes les plus grosses et les plus belles viennent d’Amérique du Sud, en particulier de Colombie.

Des pierres mythiques

- Le Cullinan est le plus gros diamant jamais trouvé (3106 carats : de la taille d’un poing). Il fut découvert en Afrique du Sud en 1905, mine appartenant à Thomas Cullinan. Son envoi à Londres en 1907 est assez inattendu : un leurre fut mis en place (navire avec un convoi fortement armé) alors que le diamant était tout simplement envoyé par la poste en paquet ordinaire ! La production totale fut de 9 pierres principales (Cullinan I à IX).

- Le Sancy, diamant de 55 carats originaire des Indes, fut, dit la légende, trouvé sur Charles le Téméraire au moment de sa mort. Il fut ensuite la propriété de Nicolas Harlay de Sancy (ministre d’Henri IV), qui lui donna son nom, puis il fut vendu à Jacques 1er d’Angleterre, puis revint à Mazarin qui le légua à la couronne de France. Volé à la révolution, il réapparut vers 1828 chez une famille russe. Il fut racheté au début du siècle par la famille Astor de Londres, puis par le Musée du Louvre en 1976 !

- De même, le Hope, diamant bleu de 44.5 carats originaire des Indes, ayant appartenu à Louis XIV, fut volé à la révolution au garde meuble national. Il fut retaillé, puis vendu à sir Hope, banquier à Londres, qui lui donna son nom. Certains ont affirmé que par sa seule présence, le célèbre diamant Hope aurait fait sombrer le Titanic.

- Parmi les pierres célèbres d’une beauté exceptionnelle le Rubis d’Edwardes, d’un poids de 167 carats, exposé au Musée britannique d’Histoire naturelle à Londres. Par ailleurs, beaucoup de rubis sont une partie essentielle d’insignes royaux et d’autre bijouterie célèbre. La Couronne bohémienne de St. Wenzel detient un rubis non-faceté d’environ 250 ct.

- Citons aussi le Mogul Emerald. Trouvée de 1695, cette émeraude pèse le poids modique de 217,80 carats, et fait environ 10cm de hauteur. Sur un des côtés sont inscrits des textes de prière, et sur l’autre sont gravés de magnifiques ornements floraux. Cette émeraude de légende fut vendue aux enchères par Christie’s à Londres, à un acheteur non identifié pour 2,2 millions de dollars le 28 Septembre 2001.

- Enfin, le Saphir Logan est l’un des plus gros saphirs au monde avec ses 423 carats soit 84,6 g. Il a été trouvé au Sri Lanka. Son nom vient de Mrs John Logan qui l’a donné au Smithsonian Institution à Washington en 1960 où il est conservé aujourd’hui. Il est taillé en coussin dans un cristal et serti en broche avec 20 diamants de 16 carats.

D’une appréciation aussi symbolique que pécuniaire, les pierres précieuses sont une valeur aussi intemporelle que mondiale élevant la joaillerie au rang d’œuvre d’art. Message d’amour et de bienveillance, objets de rêve et synonyme de luxe -de guerre aussi parfois- les pierres sont à offrir à toutes les générations.

Par Elodie LUTUN (étudiante à l’ICART)

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