LA PETITE DANSEUSE DE PAUL PHILIPPE
C’est sans pudeur qu’Expertissim vous présente cette petite danseuse nue, fondue dans le bronze par Paul Philippe à la fin du XIXe ou début du XXe. Cette petite danseuse nous tire sa plus belle révérence en esquissant un discret sourire séducteur. Son geste est léger, comme suspendu dans le temps.
La danse à la Belle Epoque :
La danse inspire largement les sculpteurs en cette fin de XIXe siècle. On retiendra par exemple les célèbres reliefs allégoriques de la Danse qui ornent l’édifice de l’opéra Garnier, mais le succès de nombreux bronzes de taille réduite est indéniable. Ces petites sculptures, destinées à des collections privées, sont commandées par des bourgeois cultivés qui fréquentent les salles de spectacle et assistent régulièrement à des représentations de ballets à l’Opéra Garnier, très récemment construit. C’est justement à cette période que prennent forme des ballets aussi célèbres que Le Lac des cygnes, Casse-noisette ou La Belle au bois dormant.
Mais par son modelé et ses formes rondes féminines, cette statuette présentée par Expertissim est bien différente des fameux petits rats frêles en tutu de Degas. La surface corporelle satinée et la plénitude des formes idéalisées nous charment immédiatement, parce qu’ils n’évoquent justement pas la danseuse traditionnelle mais la femme accomplie qui exécute une danse charmante spécialement pour nous, spectateur hypnotisé.

Une danseuse exotique tout en douceur
Grâce à un polissage parfait de la patine, cette danseuse semble avoir la peau extrêmement douce. Ce style n’est pas sans rappeler les figures très lisses du sculpteur Aristide Maillol dont Paul Philippe est l’exact contemporain, mais notre danseuse nue s’y oppose par la sérénité qui émane de son visage. Ses traits sont tout aussi travaillés que sa texture, et nous suggèrent une certaine fantaisie, à cause d’un regard à peine moqueur. L’expressivité, presque poussée à l’exubérance, de sa révérence très hanchée, peut avoir été inspiré de Joséphine Baker et de danses venues d’Afrique que Paul Philippe a pu observer lors des nombreuses expositions coloniales qui ont lieu à Paris pendant la première partie du siècle. Cet exotisme sous-jacent souligné par une pointe de sensualité féminine, accroît le charme de cette danseuse.
Pauline Balayer (Etudiante à l’Ecole du Louvre)
Recent Comments